De quoi je me mêle ?

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23 décembre 2007

« Oh, oh, oh, saa wa ni natte odorô… »

Publié par pierojapon dans Eux, Moi

Le temps passe vite finalement quand on bosse, et ce bien que certains moments paraissent parfois bien longs. Pour ceux qui se poseraient la question, je n’ai pas encore démissionné. Je m’habitue progressivement au boulot, et si parfois j’avoue que ça me démange pas mal de me faire passer pour malade et de rester chez moi, certains jours sont plutôt « agréables ». Sans raison particulière à vrai dire, mais quand tout se passe bien, que je me fais pas pisser dessus ou que je me retrouve pas pendant une heure à pas savoir trop quoi faire, j’arrive à ressentir la satisfaction d’une journée de travail bien fait et à me dire qu’au bout du compte, ce job n’est pas si mal. Certains points sont pourtant franchement aberrants, comme le fait que l’on nettoie les toilettes avec… de l’eau. Même si la majorité des patients n’ont pas la capacité à poser leur derrière dessus, ça reste quand même bien dégueu, et ce n’est sûrement pas digne d’un établissement lié à la sphère médicale. On peut parfois apercevoir aussi des cafards dans l’espace cuisine, espace qui est loin d’être irréprochable question propreté, avec un frigo qui, s’il n’atteint pas le niveau (olympique, certes) de celui de la Banana House, n’en reste pas moins indigeste, et des rangements qui mériteraient un bon nettoyage en profondeur. Il y a aussi ces petites choses épuisantes pour les nerfs, comme les 3 morceaux de musique qu’on est obligés d’écouter chaque jour, parfois en boucle, le record étant pour l’instant d’un seul et même titre répété sans pause de 12h à 17h… L’impossibilité de sortir prendre une bouffée d’air frais et d’aller fumer une clope est aussi super pesante. Certains membres du staff m’ont dit que je pouvais toujours m’esquiver, mais à condition que personne ne me voie sortir (3% de chances de réussite) ni revenir (0,3% de chances de réussite)… Mon boss m’a lui dit que je pouvais toujours venir lui demander et que, selon la situation, on aviserait. Je l’ai fait une fois et j’ai pu essuyer une bonne dose de regards méprisants à mon retour. Super. Maintenant, dès que je fais mine de m’approcher de la sortie, le plus souvent pour aller aux toilettes, il s’en trouve toujours un pour me surveiller. Le plus drôle dans tout ça, c’est qu’au final, si l’envie m’en prenait, je pourrais très bien sortir, revenir une demi-heure plus tard, et je ne me ferais même pas virer. J’aurais juste droit à ces regards de robots haineux incapables de sortir d’un carcan pré-défini et encore moins capables d’exprimer leur ressenti par des mots. Globalement, donc, je ne suis pas super fan de mes collègues de boulot, particulièrement les mecs, car les filles sont pour la plupart tranquilles et plus ouvertes, prennent un peu le temps de taper la discute et de répéter plusieurs fois une phrase que je ne comprendrais pas. En même temps, je ferais ce boulot depuis 10 ans, j’en aurais de la rancoeur à déverser, ça c’est sûr… Parce qu’un autre aspect bien pénible est que chaque jour ressemble quand même énormément au précédent, et généralement au suivant, même s’ils sont censés chacun proposer une particularité (par exemple, le mardi on cuisine, etc) supposée apporter de la joie aux patients, qui au final, étant donné leur état, n’en ont pour la majorité strictement rien à foutre.

Bon, je vous mets quand même le lien de la boîte, si ça peut intéresser certains futurs Working Holidays makers. Il est tout à fait possible de postuler avant de partir de France, à mon avis :  http://www.yourwing.org/french/ (écrire en anglais par contre, ou mieux, en japonais).

Mis à part le boulot, rien de bien neuf. Le week-end dernier fut l’occasion de tester le 合コン (gôkon) avec Pierre et Yûki. Un gôkon c’est un rendez-vous organisé entre filles et garçons (prétendument) célibataires dans le but de trouver l’âme soeur, ou au moins l’âme d’un soir. Un bon coup dans l’eau, les filles étaient d’une part pas top mais surtout bien teubées. Du coup, à défaut d’être satisfaisant, je me suis quand même bien marré, à leur faire croire qu’à l’université on avait des cours pour apprendre à utiliser les baguettes (ceux qui sont déjà venus ici savent qu’à chaque fois que vous mangez en compagnie de nouvelles connaissances japonaises, vous n’échappez pas au « oh, vous savez utiliser des baguettes »), ou qu’en France s’exerçait une sélection non naturelle visant à éliminer tous les individus naissant sans yeux bleus (cela en réponse à un magnifique et très sérieux :  »je pensais que tous les français avaient les yeux bleus »).

Autre nouvelle expérience japonaise, le complexe de loisirs ouvert jusqu’à 6 heures du matin. Etant sorti avec quelques potes vendredi soir après une Christmas party diurne bien éprouvante (les trois centres de l’organisme où je travaille se sont réunis dans un hall et ont organisé un genre d’évènement regroupant les handicapés et leurs parents), on s’est retrouvés après un petit festin et pas mal de bières à se mettre en route pour le Round One du coin. Où comment se retrouver à jouer au foot et au basket contre des salary men japonais à trois heures du mat’ et à moitié torché. Bien marrant ceci dit, et si grâce à l’alcool les efforts sur le moment paraissaient moindres, deux jours après je me tape de bonnes courbatures assez sévères. N’empêche, ce genre de complexe est vraiment sympa, sur plusieurs étages s’offrent au client diverses activités, pour la plupart sportives (baseball, ping pong, tennis, terrains de basket, foot, badmington, volley, roller, etc), ne demandant qu’à payer une entrée en fonction du temps que l’on compte y passer (en gros 1 500 yens pour trois heures, soit 10 euros). On y trouve aussi quelques petites choses plus récréatives, comme le rodéo à dos de taureau en plastique, une salle d’arcade assez fournie (mais fermée ce vendredi… bouh !), du karaoke, etc… Le bon plan pour aller s’amuser entre potes et se défouler (au passage on a niqué les japs au basket, ça fait toujours plaisir, j’ai même presque joué correctement, pour une fois, ha ha…).

Voilà, voilà, désolé pour les illettrés qui parcourent ce site de temps à autres (et qui ne seront pas parvenus jusqu’à la fin de ce texte quoiqu’il en soit), toujours pas de photos à proposer. Ici, on approche de Noël (ailleurs aussi vous me direz), mais il faut savoir qu’au Japon, c’est un peu comme la St Valentin, une fête que l’on célèbre en couple, là où le Nouvel An lui se passe plutôt en famille, à manger je ne sais plus quels plats censés apporter de bons présages pour la suite (et à regarder la télé comme me le disait je ne sais plus qui… la grosse teuf quoi…).

Portez-vous bien et passez de bonnes fêtes !  

9 décembre 2007

Go back to work, you fucking slave

Publié par pierojapon dans Moi

Vous avez toujours rêvé de changer des couches remplies de pisse ? De laver des sexes (bon, celui-là peut porter à confusion, j’admets) ? De nettoyer des chiottes matin et soir ? De vous faire griffer, pincer, voire mordre (et optionnellement de prendre quelques coups au passage…) ? De rester enfermer presque dix heures d’affilée sans pouvoir vous en griller une, dans un environnement le plus souvent bruyant, dénué de fenêtres donnant sur l’extérieur, avec de la musique infâme aux heures de repas et des gens qui, pour la moitié parlent un langage dont vous parvenez à extraire quelques bribes mais auquel vous n’entravez globalement rien, et pour l’autre au mieux parviennent à aligner trois mots rarement intelligibles ? Mon boulot est fait pour vous.

Comme souvent, j’abuse un peu le tableau, le temps passe (relativement) vite, et à comparer avec ce que je faisais avant c’est clairement le jour et le jour embrumé, on va dire (la nuit c’est les day-off). De plus, si ça jacte dans un japonais vraiment rapide et très oral, en s’accrochant (ce qui fatigue par ailleurs immensément) ça devrait s’avérer bénéfique à terme. Pour l’instant, je me dis que je vais essayer de tenir disons 6 mois, de mettre un peu de blé de côté, et ensuite de ne plus bosser du tout et profiter des derniers mois qui resteront pour me trimballer un peu partout, sortir, etc. Vous me direz, faut déjà tenir ces 6 mois, et vous aurez bien raison. Pour ce qui est de l’aspect émo-traumatisant de l’affaire, bah étrangement RAS, ça m’en touche une sans bouger l’autre. Je dois quand même être assez pourri, hé hé. C’est jamais qu’un boulot comme un autre pour l’instant, avec trop d’heures à mon goût. Déçus ? Moi, ça me va pas plus mal comme ça. Ah, et il faut faire des nuits aussi. Quelques fois par mois. Ce qui nous donne des enchaînements de plus de 30 heures de boulot avec un peu de sommeil au milieu (si on a de la chance)…

Ce qui est relou notamment, c’est que par moments on a strictement rien d’autre à faire que de se poser avec les patients et de leur parler, ou de les amuser, ce qui pourrait être sympa si la majorité écrasante ne captait pas rien de ce qui leur arrive… Par contre, parfois, ça donne des réactions assez marrantes… pour un temps du moins.  

Au final, ce qui est sûr, c’est que je vais encore moins écrire ici, et comme j’aurai pas forcément grand chose à dire d’intéressant (c’est déjà le cas à mon avis), je changerai peut-être un peu ma façon d’appréhender les textes (plus courts et plus fréquents ? plus thématiques ?), bref, vous verrez bien… Stay tuned.  

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