De quoi je me mêle ?

12 octobre 2007

Sweet dreams are made of this…

Publié par pierojapon dans Moi

Je vous ai déjà dit que depuis mon arrivée au Japon je fais d’étranges rêves ? Presque chaque nuit est pour moi l’occasion d’aventures toutes plus délirantes les unes que les autres, parfois terrifiantes même. Puisque ce blog est à vocation  »tout public », je me garderai de vous exposer ma théorie sur cette émergence soudaine, mais ceux qui connaissent mes (sales) habitudes françaises devraient vite saisir le pourquoi du comment. Au rayon comique, je me serai ainsi rasé à l’aide d’une brosse à dents (précision ultime dans l’élimination du mono-surcil), j’aurai vu Claire s’envoler dans les airs pour se rétamer la tronche quelques secondes plus tard (effet « sanglier-mutant-rencontre-anomalie » pour ceux qui auraient joué à S.T.A.L.KE.R. – Claire, je te rassure, je ne te traite pas là de sanglier mutant !) tandis que je profitais d’un vent anormal pour flotter à quelques dizaines de centimètres du sol, j’aurai fait une dictée de français (chantée !) orchestrée par Séguy sensei, fait du jogging dans les rues de Luxeuil sans aucune sensation d’épuisement, etc… Les plus traumatisants, heureusement moins nombreux, m’auront par exemple mis dans la peau d’un Jason Bourne-like sous couverture et découvert (avec baston à cent à l’heure, comme dans les movies : gros, gros stress !) ou auront été l’occasion d’assister à un genre de Fight Club géant se déroulant dans l’orée d’une forêt, avec des dizaines de protagonistes à poil (!) en train de s’exploser la tête, à grands renforts d’effets gores au moins dignes de la scène de l’extincteur d’Irréversible. Celui-là, j’avoue, il m’a fait passer une sale journée tellement il était thrash et violent. Si jamais un de ces jours je me fais ramasser par les flics, courant tout nu dans la rue et hurlant à la lune (comme nous le décrivait le type du consulat en parlant de certains cas de français ayant un peu pété les plombs au Japon – pour rire ?!), vous saurez d’où ça vient…

Parlons maintenant de ce fameux entretien de mercredi dernier. Après des heures passées à préparer un plan d’attaque en cas de jeu de rôle improvisé, à parcourir des tonnes de conseils/ méthodes sur des sites de FLE (cours qu’il aurait par ailleurs été très appréciable de pouvoir suivre à la fac, sauf que non, ce n’était pas du goût de notre chère directrice – tiens, il paraitrait d’ailleurs qu’elle ait imposé aux Masters-1 de faire du roumain cette année : WTF ?!), me voilà débarquant légèrement en avance à l’heure indiquée sur le lieu des opérations. Première surprise : il n’est aucunement fait mention de l’existence d’une école sur les diverses enseignes du building concerné. Je tomberai juste sur une minable feuille imprimée indiquant la porte adéquate, pour déboucher sur une salle exigüe où m’attend un manager japonais débraillé et à moitié enrhumé. Manager qui me posera une majorité de questions n’ayant rien à voir avec l’enseignement (« quel est votre auteur japonais favori ? », « quel est le but de votre venue au Japon? »… mais qu’est-ce que ça peut bien te foutre, trou du cul ?), pour au bout d’un quart d’heure m’annoncer qu’il n’a qu’un seul étudiant en français pour l’instant, et qu’il me contactera si jamais d’autres venaient à s’inscrire (chose très improbable à mon humble avis). En gros, j’hésite entre deux hypothèses : soit ce monsieur, se faisant royalement chier dans son appartement reconverti en école, avait envie de voir du monde et de taper une petite discute sur le pouce, soit il voulait s’assurer un professeur en back-up si jamais il se retrouvait à cours d’enseignant pour son unique étudiant. Vous me direz que je fais sans doute preuve de mauvaise foi et qu’il a peut-être trouvé que je n’étais pas qualifié pour le job (et c’est le cas, mais c’est aussi la norme ici), sauf qu’au vu de ses questions d’une pertinence à toute épreuve j’imagine mal comment il aurait pu ne serait-ce qu’émettre l’esquisse d’un avis sur mes capacités à enseigner. Bref, un coup dans l’eau.

Mais tout n’est pas noir. Lundi prochain, je dois me rendre dans un jardin d’enfant en compagnie du français rencontré à la soirée mentionnée précédemment, celui-ci y quittant son poste (toujours de prof de français) et devant trouver un remplaçant. Il va ainsi, si tout se passe comme prévu, me présenter à l’équipe en place et me montrer la manière dont il donne ses cours aux petits gremlins japonais. Ca peut être fun, même si ce job se limite aux lundi, mardi, et vendredi après-midi, soit trois demi-journées de travail par semaine. Ne me voyant de toute manière pas passer mon temps à donner des cours de langue (quel intérêt mis à part un salaire intéressant ?), je pense tenter de trouver un autre travail à mi-temps me permettant cette fois de pratiquer un minimum de japonais, dans le service par exemple (les offres d’emploi ne manquent pas dans ce secteur, et si on y est mal payé, on peut au moins bouffer à l’oeil).

Enfin, nous avons hier visité un très sympathique appartement avec Yûki, situé dans la ville d’Itami, Hyôgo (à une petite demi-heure de train du centre d’Osaka). 65 mètres carrés, propre comme neuf, jolie petite ville banlieusarde (bien mieux que Sakai)… Prions maintenant pour que la stratégie de Yûki fonctionne, à savoir que le propriétaire ne voulant apparemment pas de gaijin dans la place, il va prétendre louer pour lui et sa petite-amie, tout en précisant que deux de ses amis français devraient au préalable occuper les lieux pour quelques semaines seulement…  

Bon, je pourrais encore vous dire combien je suis heureux d’enfin pouvoir jouer à Bioshock (merci au forum de Canard PC de m’avoir montré comment mettre à jour mes drivers GPU – pas évident sur un portable pour un non-initié), combien je suis dégoûté par le corps sectionné de ce petit lézard entre mes deux pans de fenêtre, à quel point je n’ose pas aborder les patibulaires vendeurs de xxxxxxx de Shinsaibashi, comment un film comme Ex-Drummer m’a retourné, et qu’il m’est vraiment difficile de parvenir à me coucher/ lever à des horaires décents. Ben voilà, c’est fait !

3 Réponses à “Sweet dreams are made of this…”

  1. claire dit :

    ils sont cons ces lézards aussi…! l’ autre jour il y en a un qui est mort sous mon matelas, c’ est l’ odeur qui m’ a poussée à fouiller ma piaule ,pour finallement le trouver ecrabouiller certainement par mon poid durant la nuit!!!! pourtant j’ suis pas si lourde….moins qu’ un sanglier ( si c’est de moi qu’il s’ agit dans tes rêves….ou peut être as tu une autre copine prénomée Claire) en tout cas si c’ est de moi dont tu parles, qu’ est ce que je suis fiere que tu reves de moi, meme si c’ est pour me retrouver écrasée, trucidée, ecartelée, morte dans un bain de sang ou autre, ça me fait bien plaisir !!!!(sauf si cela te fait flipper)
    bises, fais de beaux reves et racontes , j’ ai bien rigolé….
    tchao bellissimo, Claire

  2. pierojapon dit :

    Non, non, c’est bien de toi qu’il s’agit :) C’était plutôt marrant même si sur le coup je me suis dit : « ouch, ça doit faire mal… ».

  3. julie dit :

    Coucou piero!!

    J’espère que ce nouveau plan pour le boulot sera le bon!! pour l’appart aussi tu me diras!
    La grande classe dans ton costard!!
    On pense très fort à toi et on espère que ça roule pour toi, continues à écrire, en te lisant on a vraiment l’impression de t’écouter parler.
    Au fait on a peut être trouvé un acheteur pour ton sèche linge, combien tu aimerais le vendre?
    Bref Ced et moi on t’embrasse fort, et
    Que la force soit avec toi…

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